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Cinéma Numérique Ambulant - NIGER - BENIN - Nouvelles 22.

Le 5 octobre 2003

A koutoukalé tégui, une vieille femme fait nommer son petit fils né dans la nuit du 14-09-03 Céna en référence au CNA

 

Nouvelles un peu spéciales aujourd'hui.

C'est en effet le premier rapport d'activité officiel du CNA au Niger.

Il a été rédigé par Ide Godji, responsable du CNA-Niger.

A sa suite, un compte-rendu d'Hadjara, qui travaille avec Ide au CNA-Niger.

 


 

RAPPORT D¹ACTIVITE

Commencées depuis le 28 juillet 2003 en accord avec les autorités administratives et villageoises, les projections organisées par le Cinéma Numérique Ambulant(CNA) ont touché 10 villages de la région de Tillabéry. Ainsi 39 séances régulières et 2 opérations spéciales ont eu lieu avec 2 interruptions et 5 annulations pour cause de pluie. Au total, 29000 spectateurs ont assisté aux différentes projections à la date du 30 septembre selon nos estimations avec une moyenne de707,32 spectateurs par séance.

I-Le choix des villages

Ces dix villages ont été choisis sur quatre axes différents à partir de Niamey avec comme critères absence d¹électricité, respect de notre cahier de charge. Sur l¹ensemble des 10 villages de notre circuit, aucun n¹est accessible facilement compte tenu de l¹état de nos routes totalement délabrées. Le village le plus éloigné est situé à 74 Kms de Niamey (Kara Bégui), et le moins à 25 Kms (Boubon, Koné Béri) avec partout des déviations en mauvais état.

Le début du démarrage de nos séances de projection coïncidant avec le mois le plus pluvieux (mois d¹août), ces routes ont été beaucoup endommagées par les eaux de pluie, posant du coup un problème d¹accès à ces villages. C¹est le cas de l¹axe Niamey- Hondey koira tégui où nous avions au programme quatre village dont seul YoreÏzé Koira qui n¹a pas connu un report de séance. Nous prévoyons d¹ailleurs des séances de mise à niveau dès la fin d¹octobre. Après la saison des pluies, nous allons faire face à des pistes véritablement sablonneuses avec des risques permanents d¹enfoncement, car ça sera la nouvelle réalité du terrain.

II-L¹accueil dans les villages

Au départ les villages étaient très hésitants tout simplement parce qu¹ils doutaient réellement l¹action du CNA allant jusqu¹à le confondre aux missions d¹évangélisation qu¹ils avaient très mal accueillies Mais avec le temps et vu la qualité de nos séances, nous sommes parvenus à nous tailler une place honorable dans la vie quotidienne des différents villages de notre circuit. Connaissant à chaque fois la date de notre prochain passage (sauf exceptionnellement pour cause d¹annulation due aux pluies), dès que nous rentrions dans le village et au premier coup de klaxon, les enfants sortaient de toute les ruelles en courant, sautant, et criant haut et fort " céna kàà céna kàà (autrement dit CNA est venu ! CNA est venu !). Hurlant dans tous les sens, les enfants couraient en direction du véhicule et s¹y accrochaient nous obligeant à rouler tout lentement en direction de la place retenue pour projection où un comité d¹accueil nous attendait. Il faut vraiment voir la scène pour y croire.

Durant tout le trajet qui mène au lieu de la projection nous sommes ovationnés par les jeunes, les femmes se joignant aux enfants pour applaudir.Sur le lieu de projection, nous trouvions les éléments de notre cahier de charge, ou bien si cela n¹est pas fait, dans les minutes qui suivent tout est réglé. Dans certains villages comme Hondey Koira Tégui, Saga Fondo, Sansane Haoussa, Koutoukalé Tégui, c¹est le chef du village ou son représentant personnel entouré de son staff qui nous accueillait du début jusqu¹à la fin de la projection.

Contrairement à Dara, un petit village de peulhs sédentarisés c¹est la femme du chef du village, instruite et dynamique, qui organise à sa manière notre accueil. Partout c¹est sur la place centrale du village que se déroulaient toutes nos projections à l¹exception de Saga Fondo où par manque de place, le village étant ceinturé par les eaux et les champs de mil, la projection se déroule à l¹intérieur d¹ une concession. Les villageois ont désormais pris goût des films. A chaque retard, c¹est une véritable panique s¹installe dans le village.

Les femmes toujours attachées aux tâches quotidiennes de ménage, commencent à y apporter des modifications dans leur temps de travail. En effet le jour du passage du CNA dans leur village, les femmes qui d¹habitude finissaient de préparer le dîner entre 20h et 21h, étaient arrivées à revoir ce temps pour finir leur préparation le plus tôt possible pour ne pas rater un seul instant avec CNA. C¹est le cas à Koutoukalé Tégui où les femmes finissaient de préparer déja à16h pour venir prendre place depuis l¹installation du matériel jusqu¹à la fin de la projection. A Kara Bégui les femmes souhaitaient une prolongation de la durée de la projection jusqu¹à ce que leur mari viennent les chercher parce qu¹elles trouvaient la soirée vraiment récréative.

A koutoukalé tégui, une vieille femme fait nommer son petit fils né dans la nuit du 14-09-03 Céna en référence au CNA car disait elle, le CNA est un des événements inoubliables de ma vie.

III-Les projections

Les projections ont lieu chaque soir selon un programme et chaque village recevra le CNA deux fois par mois.

Elles débutent à partir de 19H40 avec en avant première une projection des images que nous avions prises à notre arrivée avec notre petite camera. Le villageois se voyant pour la première fois sur écran, est grandement émerveillé. Les heures des prières du soir n¹étaient plus respectées ou parfois elles étaient bâclées. Personne ne voulant rater un seul instant les moments de détente du CNA. Les projections se déroulent en deux parties :

- Une partie éducative avec à l¹actif des films de sensibilisation sur le Sida, l¹hygiène, et tout récemment avec des cassettes de sensibilisation sur la prévention et la lutte contre le paludisme, films qui ont été mise à notre disposition par le Coordonnateur National de lutte contre le paludisme, qui avait d¹ailleurs fait le déplacement le 16 -09 -03 avec son équipe pour nous rejoindre à Kouré (68 km de Ny) où il avait profité des installations du CNA pour une sensibilisation à base communautaire.

- En deuxième partie avec un film de fiction africaine. Ces films, beaucoup apprécié dans tout notre circuit retraçaient des thèmes d¹actualité qu¹on retrouve dans la société Nigérienne. C¹est le cas de bal poussière, la vie est belle. Le ballon d¹or de Cheik Doukouré est beaucoup apprécié par les enfants qui ne cessent de le réclamer.

Deux journalistes du journal de la francophonie dénommé Contre Champs avaient fait le déplacement avec nous pour se rendre à Koutoukalé Tégui (55km de Niamey) le 26- 09- 03 où ils avaient filmé les installations du CNA et interviewvé quelques bénéficiaires de l¹action du CNA.

Le 29-09-03 une équipe de fonctionnaire de la délégation de l¹Union Européenne accompagnée de leurs conjointes et amis avaient fait le déplacement sur Saga Fondo à 28km de piste de Niamey où nous étions en pleine projection. Ils étaient restés jusqu¹à la fin du pragramme.Ils avaient été émerveillés par la qualité du matériel dont dispose le CNA mais aussi par l¹animation faite par l¹équipe.D¹ailleurs M. Nicolas de l¹Union Européenne, très émus par le travail du CNA, se proposait de venir le 09 octobre 2003 à YoreÏze Koira, cette fois- ci avec des fonctionnaires Belges en mission à Niamey car dans cette ville, toute les salles de cinéma (au nombre de 7) sont fermées.

Au fur et à mesure que nous progressions conformément à notre calendrier, le nombre de spectateurs ne fait qu¹augmenter car les jeunes des villages qui ne figurent pas sur le programme du CNA font le déplacement pour venir assister aux projections. Ces jeunes ne cessent de m¹aborder et souhaiteraient que leurs villages soient retenus pour les prochains programmes.

IV-Les rapports avec les institutions de la place

Depuis l¹installation du CNA au Niger, plusieurs démarches avaient été entreprises en direction des organismes relevant de l¹administration, des ONG nationales et internationales, des quelques institutions spécialisées de l¹ONU, des chargées culturelles de certaines ambassades. La liste étant très exhaustives nous ne pouvons pas les citer.

Il ressort des différents entretiens, un réel besoin collaborer avec le CNA pour la diffusion de leurs messages de sensibilisations en direction surtout du monde rural, parce que les documents audio visuels qu¹ils avaient produit, dorment encore dans les tiroirs par manque de moyen de diffusions. Ils accueillent donc favorablement l¹arrivée du CNA au Niger et souhaitent établir des accords de partenariat.

C¹est le cas de Plan Niger, de l¹Unicef, du Centre Culturel Français, de Initiative Jeunes etc.

 

 

En somme, le CNA est en passe de réussir à relever le défi qu¹il s¹était lancé conformément aux objectifs qu¹il s¹était fixé.(même s¹il est prématuré de faire un bilan).

Nous nous sommes rendus compte que les villages souffrent beaucoup de manque distraction. Avec le CNA, la joie des jeunes du village est tellement grande que les mots me manquent pour décrire la situation.

Les villages, depuis qu¹ils ont pris goût pour les films sur un écran géant, ne cessent de nous réclamer de façon permanente car ils trouvent que nos dates de passage sont très éloignées.

Les populations par ma voix, remercient vivement les initiateurs d¹un tel projet et toutes les bonnes volontés en particulier l¹Union Européenne qui ont bien voulu mettre leurs fonds à la disposition de ces pauvres villages africains.

Nous osons espérer que cette action soit pérenne et que cet épanouissement culturel puisse combattre l¹ignorance car comme l'a avoué le Secrétaire Général du Ministère des sports,de la culture et des jeux de la francophonie qui nous recevait en audience : "on ne peut combattre la pauvreté sans combattre l¹ignorance culturelle".

Longue vie CNA pour que les villages puissent s¹épanouir davantage

 

Pour CNA Niger

M. Idé GOGI

 


 

Ide Godji travaille en collaboration, au sein du CNA-Niger, avec HADJARA qui nous a envoyé le texte ci-dessous.

 

Pour ce qui est de Dara, après la projection une vieille femme m¹envoya du lait dans une calebasse après le chargement du matériel ,j¹étais parti la remercier et elle me dit " Je t¹ai envoyée le lait parce que je suis très contente d¹entendre la voie d¹une femme comme je suis derrière j¹ai demandé si c¹est dans le film ou c¹est un membre de l¹équipe et on me répond que c¹est toi qui fait le commentaire, et vraiment ça nous a beaucoup plus. Nous sommes très contentes, d¹abord parce que tu es femme et ensuite parce qu¹on a bien compris le film. Nous sommes vraiment très fières."

A Koné Béri, après la projection un jeune homme prend le micro de ma main et fait crier tout le village cna kàà cna kàà.

A Yoreyzè Koira nous étions partis très tôt parce que les jeunes nous ont invités à une danse moderne d¹à peu près une heure trente minutes. Après la danse on a eu du mal à installer le matériel parce que tout le village était là, mais les jeunes nous aidaient. Après la fin de chaque film qu¹on passe ils crient de joie et applaudissent.

Le 25 septembre ce fut avec un groupe de femmes qui s¹appelle Groupement Naneye et ça a été une belle soirée tout s¹est très bien passé.

A Koutoukalé les enfants nous attendaient, tout le village était là et partout les gents criaient cna kàà cna kàà. La place de la projection était balayée, et ce fut une belle soirée. Après le repas, la famille de Idé Gogi nous a donné du Gombo et du Haricot vert.

A Saga Fondo, la route a été coupé par l¹eau, il a fallu qu¹on rebrousse chemin pour passer ; le village était content de l¹arrivée du cna. Après l¹installation il a fallu que je prenne le micro pour leur dire que l¹endroit est très sale et qu¹il faut dégager le hangar pour qu¹il ait de la place pour tout le monde. Donc le chef était venu lui-même l¹enlever et je leur ai dit que des personnes de L¹Union Européènne seront aussi avec nous. Ils les accueillent en applaudissant, et après la projection ils applaudissent encore et encore et crient cna kàà cna kàà et la délégation commença à danser et prirent congé de nous très contents.

A Sansané Haoussa, Ah ! C¹est vraiment, vraiment la grande grande fête. Depuis le goudron les villageois étaient a l¹attente et dès qu¹ils voient la voiture du cna ils ont crié cna kàà jusqu¹au village, c¹était l¹accueil très chaleureux et surtout avec le chef du village. Le chef du village avec d¹autres vieux se sont installés juste derrière nous avec deux bancs comme je lui ai dit, au cours de chaque film il y¹a les commentaires par ci par là. A la fin de la projection le représentant du chef du village était avec nous et nous a raconté une histoire sur " le symbole à l¹école " et sa nous a vraiment fait rigoler, après on est allé voir l¹enfant jumeau de la femme qui nous recevait chaque fois qu¹on va a Sansanne Haoussa, qui est malade. Et aujourd¹hui c¹est à Kouré ou le coordinateur national de la lutte contre le paludisme, le Dr Ousmane était avec nous la séance précédente pour une sensibilisation sur le Paludisme.

OH ! QUE LA VIE EST VRAIMENT BELLE AVEC LE CNA DANS LES VILLAGES.

 

HADJARA DU CNA NIGER.